Vers une nouvelle définition de l’obésité

Nous avons vu dans un précédent article que si l’indice de masse corporelle (IMC) était utilisé pour définir l’obésité par l’organisation mondiale de la santé (OMC) lorsque l’IMC dépasse les 30 kg/m2, ce paramètre peut être trompeur car certaines personnes dépassant ce seuil peuvent avoir une masse graisseuse normale (comme les athlètes qui ont une masse musculaire importante) et, inversement, d’autres personnes présentant un IMC inférieur à ce seuil peuvent avoir une masse graisseuse importante.

Par ailleurs, beaucoup de personnes ayant un excès de tissu adipeux ne présentent aucun signe de maladie.

Ainsi, si l’IMC s’avère utile au niveau des populations, ses capacités de prédiction de l’état de santé au niveau individuel sont plus limitées.

On préfère maintenant l'anthropométrie

Plutôt que d’utiliser l’IMC seul pour définir l’obésité, on va ainsi désormais utiliser des mesures anthropométriques de la masse graisseuse pour poser le diagnostic d’obésité [1].

Ces mesures peuvent être indirectes (comme la mesure du tour de taille reflétant la masse graisseuse viscérale au sein de la cavité abdominale) ou directes (comme l’absorptiométrie biphotonique qui va utiliser des rayons X pour mesurer le compartiment graisseux).

Ainsi, pour des caucasiens, le diagnostic d’obésité peut désormais être posé lors de l’association d’un IMC supérieur à 30 kg/m2 avec par exemple un tour de taille ≥ 102 cm pour les hommes et ≥ 88 cm pour les femmes.

Si l’IMC est inférieur à 30 kg/m2 ou n’est pas connu, le diagnostic d’obésité peut quand même être posé en associant deux paramètres anthropométriques par exemple parmi les trois suivants :

  • Tour de taille ≥ 102 cm pour les hommes et ≥ 88 cm pour les femmes (pour les caucasiens)
  • Rapport tour de taille/tour de hanche > 0,90 pour les hommes et > 0,85 pour les femmes
  • Rapport tour de taille/taille supérieur à 0,50 pour les hommes et pour les femmes.

Enfin, indépendamment de l’IMC et des autres mesures cliniques simples, le diagnostic pourra être posé en cas de mesure directe de la masse graisseuse (DEXA ou scanner, par exemple).

Grâce à ces mesures anthropométriques, le diagnostic d’obésité ne sera pas posé à tort pour des personnes musclées ayant un IMC élevé mais une masse graisseuse faibles.

Homme musclé
Homme musclé, son IMC est important mais il ne présente pourtant pas d'obésité car sa masse graisseuse est limitée

Obésité pré-clinique ou clinique ?

Le diagnostic d’obésité (un excès de graisse corporelle) posé n’implique cependant pas maladie.

En effet, si l’obésité est à risque de développer des maladies (cardiovasculaire, diabète de type 2, etc.), toutes les personnes obèses ne sont pas atteinte de symptôme ou de maladie liée à cette obésité. Elles peuvent même ne ressentir aucune gêne dans leur activités quotidiennes. Dans ce cas, on parle alors d’obésité préclinique.

En revanche, en cas de limitation des activités quotidiennes ou de symptômes ou maladies liées à l’obésité, on va alors parler d’obésité clinique. Les altérations des personnes souffrant d’obésité clinique sont diverses, notamment :
  • Un essoufflement dû aux effets de l’obésité sur le cœur ou les poumons,
  • Une douleur au genou ou à la hanche accompagnée d’une raideur articulaire et d’une réduction de l’amplitude des mouvements
  • Un ensemble d’anomalies métaboliques (diabète, etc.)
  • Le dysfonctionnement d’autres organes, notamment les reins, les voies respiratoires supérieures, les systèmes nerveux, urinaire et reproducteur.

Il faut cependant bien s’assurer que les symptômes/signes de dysfonction d’organes et/ou la réduction des activités quotidiennes sont des conséquences de l’obésité pour que le diagnostic d’obésité clinique soit retenu.
Obésité préclinique, sans symptôme lié à l'obésité
Clinical obesity, with obesity-related symptoms and discomfort

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Références

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